Okoté & la Collectivité européenne d’Alsace : un engagement commun pour la coopération territoriale

Depuis quatre ans, la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) soutient le déploiement d’Okoté sur l’ensemble du territoire alsacien. Ce partenariat s’inscrit au cœur des priorités de la CeA : renforcer l’implication citoyenne, soutenir la vie locale et encourager de nouvelles formes de coopération entre habitants, entreprises, associations et collectivités.
Nous avons rencontré Isabelle Dollinger, 2e Vice-Présidente de la CeA, en charge du service public alsacien et de la transformation de l'action publique en lien avec les habitants.
La CeA a fait de l’investissement dans la vie locale et de l’implication citoyenne deux de ses grandes priorités. Concrètement, comment cet engagement se traduit il aujourd’hui sur le terrain ?
Nous avons engagé une véritable territorialisation de l’action publique, avec une politique de contractualisation qui soutient les investissements locaux et les projets structurants dans chaque territoire. L’objectif est que chaque habitant puisse trouver un service public plus proche, plus lisible et plus efficace.
Nous avons également développé des démarches de participation citoyenne. Je pense au Conseil de Développement d’Alsace, composé de plus de 100 personnes représentant nos sept territoires, ou encore au Conseil des jeunes de l’aide sociale à l’enfance, qui permet de donner la parole à des jeunes souvent peu entendus.
2025 est aussi placée sous le signe de l’année de l’engagement. Le Président a parcouru l’ensemble des territoires pour valoriser les bénévoles et encourager de nouvelles formes d’engagement, car depuis le COVID, on observe une baisse significative du bénévolat. Notre rôle, c’est de redonner de l’élan à celles et ceux qui souhaitent agir.
Plus globalement, la CeA fonctionne dans une logique très partenariale : nous n’avançons jamais seul mais toujours avec les acteurs locaux. Dans le Nord Alsace par exemple, nous nous appuyons sur un écosystème particulièrement dynamique, et Okoté s’y inscrit très naturellement.
Depuis quatre ans, la CeA accompagne le déploiement d’Okoté. Qu’est-ce qui, à vos yeux, rend ce partenariat pertinent ?
Au départ, c’était une découverte pour moi qu’une collectivité s’engage dans une démarche de crowdfunding. Et j’ai tout de suite adhéré. Okoté dynamise les territoires, met en lumière des projets locaux et crée une vraie coopération entre collectivités, entreprises et citoyens.
Ce que je trouve particulièrement fort, c’est la proximité : on part de projets concrets, issus du terrain, portés par des acteurs que nous ne croisons pas toujours dans nos circuits habituels d’élus. Je me souviens de notre premier afterwork à Haguenau : il y avait une énergie incroyable, beaucoup de jeunes entrepreneurs. Certains nous disaient qu’ils ne pensaient pas qu’une collectivité pouvait s’impliquer de cette manière.
Okoté est aussi une opportunité pour les entreprises. Dans leurs démarches RSE, beaucoup cherchent aujourd’hui des moyens concrets d’agir au service du territoire. Okoté leur offre un outil simple, valorisant et accessible.
Enfin, pour nos agents territoriaux, Okoté permet d’ouvrir de nouveaux partenariats, de nouvelles rencontres. C’est un vrai plus.
En 2022, la CeA a reçu le prix TERRITORIA pour son engagement autour d’Okoté. Qu’a représenté cette distinction pour vous ?
Le prix TERRITORIA est une reconnaissance importante, car il distingue l’innovation, la reproductibilité des projets et la bonne utilisation de l’argent public. Okoté répond exactement à ces critères : c’est un dispositif innovant, mais aussi un modèle transférable et vertueux, puisqu’il repose sur du cofinancement.
Pour nous, recevoir ce prix, c’était une fierté collective. Cela valorise le travail des équipes, de nos partenaires et des territoires. Et cela conforte la démarche engagée avec Okoté : nous sommes sur la bonne voie.
Je me souviens que nous avions présenté le prix lors du premier afterwork à Haguenau. Il y avait un vrai sentiment de cohérence entre ce que nous défendons et ce que ce prix venait saluer.

Okoté cherche à créer du lien entre citoyens, entreprises, associations et collectivités pour faire émerger des projets innovants sur les territoires. Quelles valeurs communes partagez-vous avec cette approche ?
Nous partageons d’abord une conviction profonde : l’intelligence collective. Les solutions les plus pertinentes sont celles que l’on construit avec les habitants et les acteurs locaux, pas celles conçues dans une logique descendante.
C’est aussi une question d’ancrage territorial : agir au plus près des besoins réels, dans une logique de coopération entre citoyens, élus, associations et entreprises.
Avec Okoté, nous renforçons également la relation de confiance avec les territoires. Pour notre collectivité, c’est un changement important : travailler différemment, en co-construction, au plus près du terrain. C’est une évolution très positive, très appréciée aussi par nos partenaires communaux.
Après cinq années de mise en œuvre, quels effets ou retombées commencez-vous à percevoir sur les territoires accompagnés ?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 72 projets financés, plus de 1 million d’euros levés, 200 entreprises engagées et près de 4 800 citoyens contributeurs. C’est un résultat remarquable, que nous n’aurions pas pu atteindre seuls.
Ces montants montrent la force du modèle : collectivités, entreprises et citoyens co-financent ensemble des projets utiles au territoire. Et dans un contexte budgétaire contraint, c’est une façon intelligente et collective de soutenir l’innovation locale.
Les impacts sont aussi qualitatifs : une mise en réseau entre acteurs, une meilleure connaissance des projets locaux, et une culture de l’engagement qui se diffuse. Okoté crée du lien, et ce lien est précieux.
Chaque association soutenue par la CeA passe devant les élus locaux en Commission Territoriale. En quoi ce fonctionnement illustre-t-il votre volonté de proximité et de coopération ?
La Commission Territoriale, c’est l’incarnation de la décision politique décentralisée. Les élus du territoire sont en prise directe avec les projets : ils rencontrent les porteurs, découvrent leur réalité, leurs besoins, leurs ambitions.
C’est une vraie plus-value : entendre un porteur présenter lui-même son projet, c’est autre chose qu’un dossier défendu par les services. Cela crée une reconnaissance, un échange direct, et souvent une prise de conscience très forte du potentiel local.
Je me souviens du premier projet accompagné dans le Nord Alsace, La Fabrique en Rose : la porteuse était très intimidée la première fois, mais elle a énormément gagné en confiance. Quand je la vois aujourd’hui, je me rends compte du chemin parcouru. Ce sont de belles histoires humaines autant que des projets structurants.
Si vous deviez formuler un vœu pour la suite du partenariat entre la CeA et Okoté, quel serait-il ?
Mon souhait serait de pérenniser et développer la démarche. Les porteurs de projets ont besoin de soutien pour émerger ; sans cela, beaucoup d’initiatives ne pourraient pas voir le jour.
Je souhaite aussi que davantage d’élus, d’entreprises et d’habitants s’approprient Okoté, car ces rencontres — notamment lors des afterworks — sont très riches. Elles permettent de croiser les points de vue, de partager des difficultés, de trouver des solutions ensemble. C’est une dynamique qu’il faut amplifier.
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Un grand merci à Isabelle Dollinger pour cet échange éclairant et engagé !
Nous remercions également l’ensemble des élus et des délégués de la Direction Générale de la Collectivité européenne d’Alsace pour leur accueil toujours bienveillant lors des Commissions de Territoire. Enfin, merci à toutes les équipes de la CeA avec lesquelles nous collaborons au quotidien pour faire émerger et accompagner des projets utiles et ancrés dans les territoires alsaciens.
